À propos de l’auteur

D’origine Arlésienne, née en 1967 de parents globe-trotteurs, je ne parviens pas à me rappeler le jour où j’ai commencé à écrire: depuis que je sais tenir un crayon sans doute ?
Mes premières poésies vers 8 ans, mon premier roman à 11 ans, et depuis je n’ai jamais posé la plume ou plutôt le clavier. Un chat sur les genoux, un autre s’étirant sur mon bureau : j’écris, tapant fébrilement sur les touches de mon PC tout en jetant des coups d’œil à mes dix chevaux qui gambadent sous mes fenêtres.
En effet outre l’écriture, je voue une passion sans partage à la nature, en particulier aux animaux de toutes sortes dont un vaste panel envahit mes canapés ou mon jardin. Cependant ce sont les chevaux qui m’inspirent le plus, m’apportant ce souffle de liberté sans qui l’être humain n’est rien. Alors chargeant fontes et sacoches, accompagnée par mon mari et mes  deux grands fils, nous partons avec nos chevaux, des jours, des semaines entières sur les chemins pour de longues randonnées dont  je reviens la tête bourdonnante de mots, débordante d’idées qu’il faut vite vite jeter sur le papier.

Pour le moment toute notre family vit à côté de Prague en République Tchèque, mais irréductiblement nomades, où serons-nous demain ?Qu’importe, ici ou ailleurs je n’aspire qu’à une chose: entraîner mes lecteurs vers des mondes et des réalités inconnus où émotions, aventures et tendresse sont toujours au rendez-vous, car ce que j’aime par-dessus tout c’est bel et bien raconter des histoires et faire rêver pour un instant au moins…

Autoportrait

 

Ecrire, écrire, écrire, écrire…. Galoper, galoper, galoper…
Galoper dans les marais violets de saladelles, galoper dans les bois craquants de givre bleu, galoper dans des palmeraies éblouies de soleil blanc… Ecrire, écrire, écrire… Ecrire sous une lampe tempête… Ecrire… Ecrire sous le soleil tropical sur une plage de Grand Bassam…Ecrire… Ecrire sous la clim’ trop fraîche des salles du lycée français… Ecrire… Ecrire sur une table en bois, dans un train pour Paris, sur une serviette sur le sable, dans un lit croulant de peluches, sur un bureau couvert de graffitis, dans une cuisine sentant la cannelle, dans un avion loin au dessus des nuages… Ecrire…
Galoper, galoper, galoper… Les sabots effleurent des carrières de sable clair, l’obstacle aux barres bigarrées est là, les sabots s’arrachent du sol dans une envolée de poussière blanche, les cœurs s’accélèrent, les soufflent se retiennent…Galoper… Sentir ses muscles sous ma main, sa transpiration qui ruisselle sur son encolure grise… Galoper…
Ecrire, écrire, écrire… Dans l’odeur de foin frais, dans celui du fumier qui attend dans la cour… Ecrire, dans le bruit craquant de la paille de blé, avec deux naseaux curieux qui hument mes cheveux… Ecrire… Sur des cahiers bien sages, sur des feuilles qui se perdent et s’oublient, sur des bouts de rien, sur un ordinateur stylé et bien pensant… Ecrire…
Poser mes doigts sur une croupe grise ou rouannée, alezane ou dorée… Sa robe est lisse, son poil luit comme un velours d’orient, comme un métal rare, comme un souvenir tendre…

Galoper… Galoper sous une pluie tropicale chaude et tiède, galoper sous un orage violent d’éclairs rageurs, galoper sous une bruine morne et froide qui coule dans mon cou et dégoutte le long de ta crinière sombre… Ecrire, écrire avec un vieux crayon en bois mâchouillé… Ecrire en s’appliquant à former des lettres enfantines… Ecrire avec un feutre rose qui fait des cœurs au lieu de phrases… Ecrire avec un traitement de texte qui sans âme efface mes mots… Ecrire… Ecrire en Afrique, à Arles, en Lorraine, en Auvergne, à Paris où à Lille… Mais écrire… Galoper… Galoper dans des prairies couvertes de rosée, dans des chemins craquants de feuilles mortes, dans des pinèdes battues par le Mistral… Mais galoper… Dans la boue noire de pays miniers, dans les marécages saumâtres et rose de Camargue, dans la glaise glissante, dans des bois détrempés par la fonte des neiges… Ecrire… Ecrire, partout, là, ailleurs… Sur l’Afrique, colibris et hibiscus, détritus et enfants qui rient dans des poubelles… Sur des rêves réels ou des cauchemars fugitifs… Ecrire… Ma tête sur ton encolure, ton souffle sur ma nuque, mes cheveux blonds dans tes crins blancs… Ton œil sombre m’observe : oui bientôt nous irons galoper…

Ecrire… Ecrire en martelant Renaud, en hurlant avec Queens… Ecrire avec la musique à fond qui fait trembler les murs et soupirer les chats… Ecrire… Ecrire dans les rires de mes enfants, dans leurs hurlements, dans leurs disputes… Ecrire… En tournant un gâteau, en épluchant une pomme, en consolant d’un gros chagrin, en écoutant une récitation, en faisant brûler le clafoutis, en ratant le rôti, tant pis !… Avec tes mains sur mes épaules, avec leurs petits bras autour de mon cou… Ecrire…

Ta robe est blanche à présent, nous avons parcouru tant d’années ensemble… Je te regarde galoper librement avec tes compagnons, dans des prairies jaunes de pissenlits, aux flancs de Puy parsemés d’acacias et de noyers, sous un rideau de flocons froids, dans une neige légère qui poudre vos oreilles… Et j’écris… Assise sur un ballot de paille qui pique un peu les fesses, dans une herbe folle qui vrombit de papillons, sur une souche, contre un olivier qui frémit de cigales volubiles, dans l’odeur entêtante des lavandes et des pins, dans celle des bougainvilliers ou des cerisiers en fleurs…

Bientôt nous partirons, mais nous galoperons encore le long de chemins creux bordés de lilas blanc… Mes mots claqueront encore sur l’écran froid et lisse de mon P.C… Demain est un ailleurs lointain, probable où nous galoperons encore ensemble, cœur et souffle réunis… Demain je serais encore là pour écrire, écrire, écrire… Galoper, galoper, galoper…

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